Les larmes coulaient malgré moi; mes yeux étaient un de ces vieux robinets bien trop usés et rouillés pour fonctionner correctement. Ces goutes salées dégoulinaient le long de mon visage comme la pluie le long des goutières. C'était comme si un étranger avait pris possession de moi; je ne voulais pas pleurer, et pourtant c'est ce que je faisais. Je ne voulais pas me montrer lâche et faible; je ne suis pas comme ça, moi.. Je suis totalement instable, pas loin de l'aliénation.. Je me suis perdue au coin d'un de ces tournants de la vie; ô si la vie avait son code de la route, tout serait tellement plus simple. Je ne veux pas que tu sâches; que tu voyes le mal que tu as pu me faire. Mon estomac peut continuer à se distordre; rien ne doit paraître. Les yeux sont le reflet de l'âme; alors je fuirais ton regard. La tendresse de tes yeux pourrait me sortir de ma détresse; mais dès que tu tournerais les talons, ton exil m'anéantirait. Pour palier ce manque; ce vide que tu as laissé au creux de mon coeur, je laisse s'éteindre doucement la flamme d'allegresse qui brillait dans mes yeux. Je passe mon temps assise; à regarder de vieux souvenirs figés sur des photographies argentiques à la lueur d'une bougie en écoutant nos vieux vinyles favoris. Ces mythiques chansons rock'n'roll un peu mélancoliques; me fendent le coeur dès la première note. Le son des guitares résonnent dans ma tête; au rythme de mes battements cardiaques. Je sers encore fort ce t-shirt t'appartenant; reniflant ton odeur, que je n'ai jamais eu le courage d'oublier. Ma voix est haletante, ma respiration saccadée; j'ai le souffle court. Je t'en supplis soigne moi de toi; sans anesthésie, d'un bout de sparadrap trop étriqué pour mon organe émotionnel. Laisse moi juste enterrer notre amour démodé.