Tu veux savoir qui je suis ? Une jeune fille en quête d'elle-même, quoi de plus banal ? Tu voudrais en savoir un peu plus sur moi ? Hm. C'est d'accord, alors crampone toi chéri, ça risque d'être pas mal mouvementé. Je suis le genre de fille que tu croises tous les jours dans la rue et que tu ne vois pas. Un poil timide, assez pour passer inaperçue et cela même dans une rue parfaitement déserte. Si je devais me décrire maintenant ? Je dirais que je suis le fantôme de la vie, tu ne comprends pas ? Attends, je vais t'expliquer. Je suis du genre à regarder mes pieds en marchant de peur de croiser le regard de quelqu'un. Ces yeux que je fuis et qui me poursuivent partout où je vais, tu sais bien. Comme les tiens en ce moment même. Je suis aussi terriblement seule. Cette solitude que j'aime et déteste à la fois, due sans doute à ma trop grande intelligence. Ahah, oui je ne t'avais pas dit je suis la personne la plus narcissique à laquelle tu n'as jamais parlé. Je continue ? Tu l'auras voulue. Comme il est écrit dans la bible je dois aimer mon prochain, mais comment l'aimer si je ne supporte déjà pas mon contemporain ? Quoi, tu veux que je fasse des efforts ? C'est mal me connaître. Ce que j'aime par dessus tout c'est montrer aux autres à quel point je leurs suis supérieure. Je joue avec les mots devant eux pour clouer leurs grandes gueules d'hypocrites dégénérés. Non je n'aime pas le genre humain, tu l'as peut-être compris ça, si tu n'es pas aussi con que tu en as l'air. Tu vois chéri, je suis écoeurée par cet air déconfit que je peux voir sur ton visage. Tu me trouves abjecte ? Ca y est tu as perçue la dure réalité de la vie, ça n'a pas été simple de te faire comprendre à quel point la vie est infâme, ça n'a pas été aisé de te faire enlever ce grand sourire béta que tu affiches 24h/24 comme une de ces putains de poupées de cire. Tu ne comprends pas pourquoi je suis si odieuse ? C'est pourtant simple, je donne aux autres ce qui est mon quotidien depuis ma naissance, l'antipathie. Je suis lâs de devoir sourire aux cons qui me répugnent, d'être polie et de toujours faire comme si tout va bien. Car non, tout ne va pas bien, et si je suis bigrement repousante c'est tout simplement par peur d'être humaine moi aussi, je suis terrorisée par l'idée qu'un jour moi aussi je serais ingénue et aimée. Uniquement par hantise de l'inconnu.